A tout de go, oui ! La culture de l’agriculture biologique est en train de s’insérer dans les mœurs culinaires au Mali. Chez certains particuliers, la donne a changé. On cultive soi-même ses fruits et légumes pour échapper à « la toxicité » de ceux vendus sur le marché. Ceci à cause de la pratique de l’agriculture traditionnelle qui prône l’utilisation d’engrais chimiques, décriée par bon nombre de spécialistes : économiste agricole, médecin, écologiste, etc…

L’agriculture bio est devenue une préoccupation majeure de l’heure. Il s’agit en effet de produire des denrées alimentaires 100% bio, sans produits chimiques ; qui répondent aux normes de santé ; et qui n’ont aucune conséquence sur la vie humaine en termes de consommation. En effet, manger bio implique un mode de culture qui fait appel à des techniques qui respectent l’environnement et les animaux de l’écosystème. Ainsi l’agriculture bio préfère les matières premières naturelles, bannit les engrais, pesticides et tous les autres additifs dangereux pour la santé.

Cultiver bio : Chez soi

Longtemps et encore considérer comme une pratique de la bourgeoisie ou paradoxalement des petits paysans du village, créer son propre potager bio est une alternative qui se présente à beaucoup de gens se souciant de la qualité des produits sur le marché. C’est le cas de Sidiki Danté, un franco-malien, habitant à Kita. Ce comptable à la retraite a décidé de créer son propre potager 100% bio pour contourner les produits  » malsains  » sur le marché :  » Je suis d’abord et avant tout profondément écologiste. Et je me soucis aussi de ma santé corporelle, c’est aujourd’hui la raison pour laquelle j’ai décidé de créer ici ( chez lui ) mon petit potager. J’utilise aucun engrais chimique. Que des engrais organiques ( pour mes carottes ). Les autres poussent par la grâce divine ». Chez M. Danté, on peut apercevoir des tomates, de l’oignon et des carottes. Souvent, il cultive de la salade également. Ecologiste dans l’âme, notre convive, assure que la promotion de cette culture est aussi un engagement à respecter la nature. En effet cette agriculture bio est considérée comme protectrice de la biodiversité, du maintien de la vitalité des sols, de la diminution de la production des gaz à effet de serre, entre autres. Pour ceux qui ne sont pas assez dégourdis, une alternative s’offre à vous.

Cap sur le marché 100% bio à Bamako

Bienvenu chez Sandrine et Samba, dans le quartier de SOTUBA. Chez la famille TEMBELY, tous les samedis matin de 10h à 14h s’ouvre le marché bio de la coopérative LAKANA SENE (agriculture qui protège, en français). Cette coopérative regroupe des agriculteurs bio qui se sont donnés le pari de produire des légumes, fruits, aromates, lait et volailles, 100% bio, dans des conditions respectueuses de l’environnement, sans utilisation d’engrais chimiques,de pesticides chimiques, ni d’OGM.

Ainsi, Sandrine et Samba accueillent chaleureusement ce petit marché biologique, dans la cour de leur concession. On y trouve : des légumes, des fruits et des aromates proposées par la coopérative LAKANA SENE.

Selon, les promoteurs : « La particularité du marché bio de Sotuba, est qu’il est mis en place par un groupe de consommateurs soucieux de manger sain et ce groupe s’élargit de jour en jour. Les consommateurs sont très actifs, ils ont pris part à toutes les étapes du développement du marché ».

En effet, d’autres producteurs sur cette même lancée prennent aussi part à cette initiative. Notamment : Le délicieux pain traditionnel de Menkourou Touré, les confitures gourmandes de Laurent, les huiles traditionnelles produites par UPROBEK.Selon les promoteurs, « Ils ont fixé avec les producteurs un prix juste et équitable pour les produits vendus sur le marché, certains apportent des semences aux producteurs dès qu’ils ont l’occasion de voyager, une véritable complicité entre producteurs et consommateurs ».

Ce qui a également réduit le prix des produits, c’est l’absence d’intermédiaire entre les producteurs qui vendent directement aux consommateurs. Il existe une vraie cohésion et harmonie entre ces groupes de consommateurs et la coopération, pour avoir offrit un prêt solidaire à la coopération pour l’achat d’une moto tricycle pour le transport des produits. C’est aussi cela l’esprit écologiste.

Quoi que…

Dans nos marchés, tout n’est pas non plus à jeter. Les efforts du gouvernement en la matière ne sont pas indéniables. Pour rappel, en octobre 2010, sur recommandation de la conférence des ministres de l’Agriculture du continent, le conseil exécutif de l’Union africaine s’est prononcé en faveur de l’intégration de l’agriculture écologique et biologique aux politiques agricoles. Au Mali, sa mise en œuvre se traduit par les efforts des piliers comme : L’Institut d’Economie Rurale (IER) qui s’occupe du volet recherche ; L’Institut Polytechnique Rural de Formation et de la Recherche Appliquée (IPR/IFRA de Katibougou) qui s’occupe du volet communication et l’information ; Le Réseau Malien pour la Transformation locale du Coton Biologique (REMATRAC BIO) qui porte le volet transformation, La coordination du projet est assurée par l’Association des Organisations de professionnelles paysannes (AOPP).

Aujourd’hui, l’agriculture doit relever le double défi : celui de nourrir une population croissante tout en minimisant son impact sur l’environnement. L’agriculture biologique est souvent proposée comme la voie à adopter pour atteindre ces objectifs. Le monde doit faire face à de nombreux défis, dont la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la réduction de la pauvreté et la préservation de l’environnement. L’agriculture biologique et écologique s’avère être, aujourd’hui, une alternative prometteuse pour pallier les effets néfastes de l’agriculture conventionnelle.

Aïssata Keïta

Bamako, le 01 Février 2019

©AFRIBONE

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